LE SAVIEZ-VOUS… ?
Le mot caricature vient de l’italien « caricatura », qui réfère à une attaque, une charge.
Wolfe est ridiculisé par les caricatures d’un des ses subordonnés ! Les toutes premières caricatures à être reconnues au Canada sont celles du brigadier-général George Townshend (1724-1807), qui accompagne le général James Wolfe à Québec. Caricaturiste habile, Townshend, l'un des brigadiers de James Wolfe, se divertit pendant le siège en faisant circuler des dessins satiriques qui ridiculisent Wolfe, pour qui il n'éprouve que du mépris. Plus tard, pendant le siège de Québec, en 1759, Townshend assume temporairement le commandement de l'armée quand ce dernier est tué à la bataille du 13 septembre et pendant que le deuxième en grade, Robert Monckton, est blessé. À son retour en Angleterre, au mois d'octobre, il est vivement critiqué sur la place publique à cause de son manque de respect envers un héros mort pour la patrie. Toutefois, cette controverse acerbe est de courte durée et ne l'empêche pas de gravir les échelons. Townshend finit par accéder au rang de maréchal, point culminant d'une carrière couronnée par les honneurs. Fait à noter, c'est « le caricaturiste » Townshend qui signera les documents de capitulation.
La devise du tout premier journal humoristique au Québec, LA SCIE (1863) était : « Le rire fustige l'abus ».
Le caricaturiste québécois Jean-Baptiste Côté fut emprisonné à cause d’une de ses caricatures. Côté travaille pour le premier journal humoristique au Québec, LA SCIE qui paraît pour la première fois en 1863. Il devient une légende de la caricature politique. Il s'attaque à l'élite politique et à la fonction publique avec tant d'ardeur que, en 1868, après avoir représenté un fonctionnaire « au travail », il est arrêté et jeté en prison. Il est le premier et le seul caricaturiste canadien à obtenir cette distinction. Le chanceux !
Lorsque le MONTREAL STAR embauche Henri Julien en 1888 pour dessiner les actualités, il devient le premier journal à avoir son propre caricaturiste politique. Julien est aussi le premier dans son domaine à pouvoir exposer à la Galerie nationale du Canada (aujourd'hui le Musée des Beaux-arts du Canada). Une des rues de Montréal porte son nom.
Au Canada, les caricatures sont devenues tellement convaincantes qu’en 1949 le NATIONAL NEWSPAPER AWARDS décide d'honorer ceux qui expriment clairement une idée, dessinent bien, et défendent les intérêts du public d'une manière remarquable. Le premier récipiendaire du prix est Jack Boothe (1910-1973) du GLOBE AND MAIL. À l'époque, il est le caricaturiste politique le mieux payé au Canada.
Ironie du sort, Robert LaPalme confectionnait des crucifix avant de devenir le caricaturiste éditorial réputé pour ses attaques cinglantes contre le premier ministre Maurice Duplessis durant ce qu’il est convenu d’appeler « la grande noirceur ». Robert La Palme est responsable du Pavillon de l’humour de l’Expo 67. Il fonde aussi le Salon international de l’humour en 1963, salon qui se tiendra à Montréal pendant plus de 25 ans !
Le Front de Libération du Québec (FLQ) s’inspirera d’une illustration du caricaturiste Octave-Henri Julien (1852-1908) pour son emblème. Une de ses études de la vie rurale des Canadiens français représente un fermier âgé, armé d'un fusil, sa pipe entre les dents, déterminé à défendre sa terre. Cette image est reprise et adaptée par le par le FLQ dans les années 1960 comme symbole de la révolution armée.
ET DIEU CRÉA LAFLAQUE, émission de télévision créée par Serge Chapleau, constitue une date dans l'histoire de la caricature canadienne à cause de sa combinaison de caricature politique et d'animation graphique en 3D. L'émission suit les aventures de Gérard D. Laflaque alors qu'il interagit avec des célébrités et des politiciens canadiens. Mais cette façon de faire s’inspire d’une longue tradition du commentaire et de la satire…Pensons aux GUIGNOLS DE L'INFO en France par exemple. Guignol et son ami Gnafron symbolisent « l’esprit frondeur du peuple ».
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